Travail et temps libre

Publié le 23 Mai 2026

Dans un précédent article (Recentrage), j'indiquais qu'il convenait désormais d'ajuster ses revenus à ses besoins (et non à ses envies ...), ce qui évitait de se faire plumer ou de rechercher n'importe quelle solution hasardeuse pour placer l'excédent dégagé (quasiment tous les placements sont taxés, à l'entrée ou à la sortie, l'achat de biens physiques mobiliers expose au vol, etc). 

Vous m'objecterez que lorsqu'on est salarié en CDI, on ne maîtrise pas son temps de travail. ou que si l'on veut grimper dans l'organigramme , il faut bosser plein tubes. La réponse à ces deux constats est simple : si vous exercez un métier en tension, c'est vous qui avez les cartes en mains ! La génération Z l'a parfaitement compris et préfère bosser en intérim ou en CDD, d'ailleurs mieux rémunéré, ce qui permet de disposer soit de plus de temps, soit de plus d'argent, selon le besoin du moment. Accessoirement, ça évite également de se retrouver piégé dans une boîte (devenue) délétère. Il parait que ça ne convient pas au Patronat ni aux employeurs, qui ont toujours eu une main d'oeuvre docile et sous-payée (eu égard aux heures, diplômes ou responsabilité exigés).  Ben, les temps ont changé ! L'alternative est bien sûr l'exercice libéral ou en auto-entrepreneur, mais la complexité réglementaire du premier et la fiscalité mouvante du second les rend hélas risqués.

Quant à l'investissement physique dans une structure publique ou privée pour "y faire son trou", l'expérience montre désormais que c'est vous qui finissez prématurément dans le trou en question. Une fois de plus, la Gen Z fait preuve d'une grande maturité en refusant les postes d'encadrement et de responsabilités, au désespoir ou à la fureur de leurs N+X, qui clament à tout vent que "les jeunes ne veulent plus travailler"! Faux, les jeunes - qui ont vu ce qui est arrivé à leurs parents - ne veulent plus travailler DANS CES CONDITIONS, nuance ... Et ils ont bien raison. 

Dans notre société, le travail ne paie plus (il suffit de voir le nombre de travailleurs pauvres, voire surendettés). Ce n'était pas le cas dans les années 70 où un ouvrier faisait vivre sa famille, fût-ce modestement. 

Et ceux qui n'exercent pas un métier recherché, me direz-vous ? Et bien, ils ont tout intérêt à en changer, sauf s'ils sont à 2 ans de la retraite. Sous-payés, mal considérés, ils ne sont que la variable d'ajustement de leur employeur et sont à la merci d'une faillite, d'un rachat, d'une restructuration, d'une délocalisation ... Mais lorsqu'on n'a pas fait d'études ? Rassurez-vous, les études ne sont plus (et le seront de moins en moins avec le net et l'IA) le gage d'un job bien payé. Il vaut mieux être chauffeur routier ou cariste que docteur en sociologie. Là également, on constate un retour aux fondamentaux : le but de l'école est d'apprendre un métier UTILE à la collectivité qui le rémunèrera pour service rendu. Certains se font plaisir en accumulant des diplômes qui ne présentent de l'intérêt que pour eux et s'étonnent de se retrouver au chômage ...

Alors, no futur pour le métier d'hotesse de caisse, à me lire ? Pas nécessairement : ce type de job, à horaire fractionné et mal payé peut parfaitement être exercé ... à la double condition d'une existence frugale et d'une proximité immédiate du lieu de travail (il faut pouvoir y aller à pied ou en vélo). Du reste, on commence à voir des hommes (jeunes, comme par hasard) exercer à l'année ce métier. Même à temps partiel, il assure la couverture sociale. L'énorme temps libre ainsi dégagé peut être utilisé pour d'autres activités (troc, services rendus, autoconsommation, maintenance et entretien de ses biens, braderie, achat/vente avec ou sans remise en état ... et loisirs, bien entendu). Ceci suppose un environnement urbain et une solution de logement à coût modéré (studio, HLM, colocation ...), le logement étant la dépense majeure de la majorité de nos concitoyens et les transports venant immédiatement après. Quelque soit du reste le niveau de vos revenus, il convient de se pencher urgemment sur ces 2 problématiques, dont le coût ne peut qu'exploser à l'avenir, qu'on soit propriétaire ou locataire et qu'on roule au carburant ou à l'électricité ...

Enfin, faut-il le rappeler, un facteur majeur d'économie consiste à vivre à plusieurs sous le même toit. A cet égard, être célibataire ou divorcé, surtout avec des enfants à charge en garde alternée est un désastre financier pour l'individu concerné. Le "moi d'abord" est encensé par la société de consommation car il fait marcher le commerce et l'Etat via les taxes : ne soyez pas dupes !

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