La slow life (tome 2)
Publié le 21 Février 2026
Je vous ai parlé précédemment du téléphone portable et du fait que je ne réponds jamais à aucun appel dessus. J'ai omis de vous dire qu'en revanche, je n'appelle jamais personne non plus : il faut être cohérent !
Je me suis passé de ce gadjouet pendant 45 ans et j'ai survécu. Certes, c'est hyper-pratique pour demander de l'aide quand on est coincé quelque part (si tant est que les appels passent ...) mais ça ne fait que reporter sur quelqu'un d'autre un problème qui, 9 fois sur 10, n'a que nous comme origine : insouciance, mise en danger, bêtise, imprévoyance, incapacité de se démerder soi-même ... bref, déresponsabilisation ! C'est une dérive que j'observe de plus en plus : tout le monde fait n'importe quoi et quand ça ne passe pas, on vient chouiner. Ben, non, il faut assumer ce qu'on fait sans chercher aide, réparation ou conseil au moindre problème. C'est aussi ça , reprendre sa vie en mains ! Ou, plus simplement être adulte. Ne pas venir pleurer dans les jupe de sa mère à la moindre contrariété, comme un gosse. Redevenir acteur de son existence et ne pas seulement la subir.
J'ai en tête un exemple emblèmatique qui m'a marqué : travaillant à l'époque à 150 bornes de chez moi (une ineptie majeure, nous y reviendrons...) j'allais en voiture à la gare SNCF la plus proche, d'où je prenais le train pour aller bosser à Paris. Un soir, absorbé par la lecture d'un super bouquin, j'ai raté mon arrêt habituel. Bizarrement chahuté, j'ai alors regardé le journal lumineux de ma voiture voyageurs et ai constaté avec horreur que je poursuivais ma route dans la campagne profonde. Je suis descendu à l'arrêt suivant et me suis retrouvé seul sur un quai mal éclairé (il était plus de 20H30 en plein hiver) sans âme qui vive. J'ai alors regagné la départementale assez proche et me suis tapé 10 bornes à pied derrière la barrière de sécurité (je faisais du stop, mais personne ne s'est arrêté, ce que je comprends parfaitement, vu les circonstances. Au bout d'1H45, je suis arrivé à la gare où m'attendait ma voiture et suis rentré chez moi. Mon épouse, un peu inquiète, m'a sermonné sur l'absence de portable. En fait, si j'en avais eu un, je lui aurais téléphoné de venir me chercher en pleine nuit là où j'étais. Mais c'est moi qui ai déconné, donc ce n'est pas à elle d'en payer les conséquences. Croyez-moi, je n'ai plus JAMAIS raté une destination ! En outre, cette mésaventure m'a renforcé dans l'idée que j'étais parfaitement capable de me débrouiller seul, ce qui vous donne une assurance hallucinante. Que les autres perçoivent, et notamment les femmes, championnes de la communication non verbale. Véronique Sanson a du reste remarquablement traduit ça dans "Bernard'song" ! Ré-écoutez les paroles de cette chanson puissante et sensuelle ...
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